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Situation politique, présidentielle 2025: Entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, des émissaires à la manœuvre

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Publié il y'a 2 mois
24.01.2025
Le chapeau

S’ils ne se parlent plus directement, le président ivoirien et son prédécesseur, qui maintient la pression pour obtenir sa réinscription sur les listes électorales, continuent de communiquer par messagers interposés.

À moins de dix mois de l’élection présidentielle prévue fin octobre, l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo multiplie les déclarations publiques afin de mettre la pression sur l’actuel président, Alassane Ouattara, pour bénéficier au plus vite d’une réinscription sur les listes électorales qui lui garantirait une éligibilité. Les relations entre les deux hommes se sont détériorées ces derniers mois, à tel point qu’ils ne s’adressent plus la parole. Ils ne se sont d’ailleurs pas vus depuis deux ans et demi. 

Les messages d’Alassane Ouattara 

Une rencontre était activement préparée en coulisses dès août 2024, mais elle n’a pas eu lieu. Laurent Gbagbo promettait en effet de reprendre contact par téléphone avec son successeur, mais il n’a finalement pas donné suite. Le lien n’est cependant pas totalement rompu, puisqu’ils se font passer des messages via quelques émissaires, à savoir des politiques, religieux, hommes d’affaires et diplomates. Selon nos informations, l’ex-président, qui accuse désormais publiquement Alassane Ouattara de vouloir l’exclure, ne cesse de faire savoir à ces intermédiaires que la paix en Côte d’Ivoire dépendra de ce dernier. Il avait déjà tenu ce même discours face aux ambassadeurs de l’Union européenne (Ue) accrédités en Côte d’Ivoire. Pour le moment, Alassane Ouattara ne cède pas. Il a envoyé plusieurs messagers auprès de Laurent Gbagbo, afin de lui conseiller d’éviter de créer un environnement conflictuel et de lui faire savoir que la loi s’appliquera en cas de tentative de troubles à l’ordre public. Sauf revirement de situation, le chef de l’État n’a pas prévu de l’amnistier, comme il l’a fait pour l’ancienne Première dame Simone Ehivet Gbagbo en août 2018, laquelle avait plaidé, en mai 2020, pour une amnistie générale. Un peu plus de deux ans plus tard, en août 2022, il avait accordé une grâce présidentielle à Laurent Gbagbo, une mesure qui ne lui avait toutefois pas permis de récupérer tous ses droits civiques et politiques. L’ancien président est sous le coup, depuis novembre 2019, d’une condamnation à 20 ans de prison par la justice ivoirienne dans l’affaire dite du ‘’casse’’ de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (Bceao), durant la crise post-électorale de 2010-2011. 

Tensions avec Tidjane Thiam 

En attendant, Laurent Gbagbo a décidé de mettre en ordre de bataille ses troupes du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-CI) pour la présidentielle, à laquelle il n’est toujours pas sûr de participer, et cherche à nouer des alliances. Tidjane Thiam, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), premier parti d’opposition dont il sera très certainement le candidat, n’a pas encore rejoint Laurent Gbagbo dans son combat pour une élection ouverte à tous les prétendants. Les relations entre les deux hommes sont tendues. Des intermédiaires travaillent à une rencontre entre les trois présidents de partis.

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jeuneafrique.com